Dégustation Château Bechevelle du 20 décembre 2007



logo de Château Beychevelle

Historique

Premier propriétaire du domaine, le Grand Amiral de France Jean-Louis Nogaret de la Valette voyait les bateaux baisser leur voile - certainement en raison du vent - lors de leur passage devant son domaine qui surplombait l´estuaire de la Gironde. L´amiral, lui, y voyait plutôt un signe d´allégeance, en son honneur, d´où le nom de Beychevelle donné au château ( = baisser les voiles en patois). Les deux vins produits par la propriété sont le château Beychevelle (1er vin), Grand Cru classé en 1855, et l´Amiral de Beychevelle (second vin). Le 2nd vin d´un domaine est celui obtenu avec les raisins issus des parcelles de vignes les moins belles, les moins bien exposées, avec le moins bon sous sol. C´est exactement l´inverse pour le premier vin. Réussir le 2nd vin est donc le gros challenge de l´œnologue. Les vins dégustés sont le château 2004, 2002, 1997 et 1994 et l´amiral 2004 et 2002.

Les vins du Médoc se firent connaître vers 1850 avec le classement des crus. Celui-ci avait pour objectif de sélectionner les meilleurs vins en vue de l´exposition universelle de Paris en 1855. Les critères de sélection étaient la taille du vignoble, l´ancienneté des vignes et le prix de vente du vin. Le classement répartit les vins de 1er à 5ème Grand Cru. L´apparition de ce classement fut un énorme coup commercial pour les vins du Médoc. Avec le temps le classement a perdu de sa valeur : certains 1er Grands Crus se sont reposés sur leurs lauriers et des Grands Crus moins bien classés en 1855 ont rattrapé leur retard. On a donc, à plusieurs reprises, tenté un reclassement des vins. La tâche était beaucoup trop compliquée et ces tentatives ont toutes échouées. C´est pourquoi on peut aujourd´hui trouver des vins moins bien classés, voire non classés meilleurs que certains 1er Grands Crus.

Dégustation



Comparaison des Château et Amiral 2004


Les deux vins ont des robes similaires mais celle du château (1er vin) est plus intense et plus bleutée que celle de l´amiral (2ème vin). L´intensité signifie plus de tanins et donc des raisins plus mûrs. La teinte bleutée révèle un vin jeune, le château paraît donc plus jeune que l´amiral qui se gardera vraisemblablement moins longtemps. Les larmes sont très grasses ce qui suggère beaucoup d´alcool. Au final on s´attend à un équilibre tanin-alcool-acidité, exactement ce qu´on attend d´un bon Bordeaux
Au nez l´amiral présente des arômes de cuir et de sous-bois typiques d´un Bordeaux ainsi que de cassis et autres fruits noirs. Il a également des notes viandées et épicées révélatrices d´un Saint Julien. Le château a un nez plus bestial, plus fumé comme avec des épices plus fortes, les arômes de fruits sont ceux de fruits plus macérés. Le nez indique déjà que le château a été élaboré avec les meilleures parcelles de vignes (les mieux exposées).
En bouche l´amiral est assez astringent, riche et complexe. On retrouve l´acidité et l´alcool que l´assemblage 60% de cabernet sauvignon (riche en tanin) et 30 pour cent de merlot (chair et l´alcool) pouvait donner. L´acidité est typique du Médoc. Le château paraît plus acide mais également plus harmonieux et plus long en bouche. L´amiral paraît moins beau après le château et bien moins long en bouche. En conclusion le millésime 2004 est un beau millésime équilibré, surtout après une année difficile avec la canicule de 2003.
Le château est un peu trop jeune mais déjà savoureux et équilibré, Odile suggérerait de le boire sur une côte de bœuf ou des côtelettes d´agneau.

Comparaison des Château et Amiral 2002

L´année 2002 n´a pas été exceptionnelle en raison des pluies et du froid. Cependant on retrouve une couleur très intense grâce au délestage, technique consistant à laisser remonter les peaux et pépins dans la cuve et à évacuer le trop de jus. Le château paraît une fois encore plus jeune que l´amiral avec sa couleur plus violacée. Les larmes sont belles indiquant encore une fois de l´alcool, certainement obtenu grâce à la chaptalisation (ajout de sucre).
On retrouve au nez des arômes de terre mouillée, de cuir et de sous-bois dans les deux vins. En bouche le château est encore très bien mais moins que 2004, malgré les efforts des œnologues, il est difficile de rattraper totalement une mauvaise météo. L´amiral est plus aqueux avec un peu d´amertume qui vient du toastage de la barrique donnant un goût de caramel venant compenser le manque de mordant.
Plus aqueux et acide que le 2004, mais aussi court en bouche, ce millésime accompagnerait toutefois très bien une salade périgourdine avec gésiers et foie gras.

Château Beychevelle 1997

Nous ne dégustons que le château de cette année, qui est un vin âgé de 11 ans déjà, mais qui a un excellent potentiel de garde. On peut penser que le 2nd est déjà en phase de déclin. La couleur est grenat tuilé, l´orangé étant dû à l´âge. On retrouve les arômes de terre et de sous-bois mouillés, d´épices et de gibier. Rien n´agresse, belle homogénéité, on a un vin fondu commençant à être un vin vieux, à ne pas confondre avec un vieux vin. 97 était une année difficile mais meilleure que 2007, le vin est très fluide. Au même âge un Bordeaux moins prestigieux que Beychevelle mais correct de 1997 serait liquéfié.
Un faisan ou des cailles farcies, avec des cèpes ou des girolles accompagnerait à merveille ce vin.

Château Beychevelle 1994

Contrairement à 1997 il s´agit d´un millésime sec. La couleur est très intense penchant sur le marron indiquant peu d´acidité et beaucoup de tanins. On s´attend également à de l´alcool. Le nez est dur, on ne retrouve pas le charme d´un Saint-Julien, on a plutôt un vin corsé, très structuré à boire en mangeant, particulièrement un cassoulet ou un confit.

Photos

Contacts

Château Beychevelle
33250 Saint-Julien


www.beychevelle.com/

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